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Le contexte urbain médiéval : la citadelle royale et la citadelle des moines

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Le contexte urbain conçu pour l'Eglise du roi fut aménagé d'après les systèmes palatins, carolingiens et normands, synthétisés dans l'architecture islamique des palais califaux qui prévoyait une succession régulière de cours multiples entourées d'arcades.

Le couvent, aux proportions remarquables pour l'époque, fut pensé accompagné de bâtiments, de périmètres et d'espaces verts s'inspirant des canons clunisiens et cisterciens. La plan illustre et répertorie ces éléments. En développant la restitution idéale de la composition, on s'aperçoit que tous les corps de bâtiment qui entourent la cathédrale sont agencés en s'alignant sur les axes géométriques de l'église et proportionnés avec les mêmes circonférences génératrices. Sur les prolongements des deux bras du transept, furent construits respectivement : le palais royal au nord et la tour de l'abbé au sud, avec les dépendances de l'archevêché et la salle du chapitre.

Toujours dans l'aile sud, le dortoir des moines fut réalisé avec son axe longitudinal tracé dans la direction nord-sud.

Attenant au mur de la nef méridionale, s'élèvent le splendide cloître et son jardin central délimité par un quadriportique dont le couvrement est soutenu par des colonnettes jumelées. Là encore, on peut noter la génialité de l'incroyable synergie entre les corporations byzantines, normandes et islamiques qui composaient l'école artistique sicilienne. Les fûts des colonnes sont incrustés de mosaïques avec des motifs islamiques (étoile octogonale) et normands (zigzag) diversement composés. Les chapiteaux sont sculptés dans un style roman-byzantin particulier qui reprend les motifs anthropomorphes et phytomorphes très en vogue au Moyen-âge.
Une logette angulaire, pratiquée dans le portique selon le modèle de Cluny, abrite une fontaine finement sculptée avec des chevrons et des têtes de lion par les gueules desquelles l'eau s'écoule.
Le reste du périmètre conventuel comprenait : les ateliers des moines, probablement composés de laboratoires et d'étables ainsi que de l'infirmerie et du réfectoire. Les jardins, les potagers et les fontaines complétaient et enrichissaient le périmètre. Les espaces en question étaient disposés autour de cours entourées d'arcades.
Le palais royal adossé à l'église du roi fut probablement construit dans le sillage d'une ancienne tradition aulique commune aux rois et aux empereurs qui embrassèrent la Foi Chrétienne. Ce type d'architecture prévoyait qu'annexé au palais du pouvoir temporel, il y ait également le temple du pouvoir spirituel. Nous énumérons ci-dessous les principaux palais ayant des chapelles palatines adossées et leur mandataire:

 Siècle Lieu  Roi/Empereur   Eglise/Chapelle Palais 
 IV  Rome  Constantin  Eglise de Saint-Jean  Palais du Latran
 VI  Byzance  Justinien  Sainte-Sophie  Palais impérial
 IX  Aix-la-Chapelle  Charlemagne  Chapelle palatine  Impérial
 XI  Londre  Guillaume le Conquérant  Chapelle palatine  Tour de Londres
 XII  Palerme  Roger II  Chapelle palatine  Palais royal

De même dans les palais jouxtant les réserves de chasse, les rois normands de Sicile construisirent presque toujours une chapelle limitrophe au solatium.

Par conséquent, Guillaume II voulut compléter avec sa citadelle royale à Monreale le grand programme dynastique des Hauteville entamé à Palerme et à Cefalù par son grand-père Roger II avec la construction de la précieuse chapelle palatine dédiée à Saint-Pierre et de la première cathédrale normande de Sicile.

L'agencement du plan du palais reflète l'architecture islamique habituelle utilisée par Roger II pour la réalisation des solatiums de Fawara et d'Altofonte, à savoir : une enfilade de cours entourées de portiques aux archivoltes moulurées avec de petites pièces à l'arrière, parfois disposées sur deux niveaux. Au centre de la cour, une logette abritait un puits ou une fontaine. Le palais était relié à l'église par un passage privé à travers lequel le roi entrait dans l'église et s'asseyait sur son trône dans le presbyterium, face au siège de l'évêque.

Il est probable que la zone occidentale faisant face au palais comportait un autre périmètre entouré d'un portique à colonnes, peut-être réservé aux officiers et aux fonctionnaires royaux, ainsi que le décrit Pierre d'Eboli à propos du palais royal de Palerme, ce qui justifierait l'ouverture d'une seconde entrée septentrionale dans la cathédrale, elle aussi précédée d'un portique. La porte de cette entrée est l'œuvre de Barisano da Trani et la date qui y figure (1190) témoigne de son existence dès les origines.