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Les débuts de l’architecture normande

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Parallèlement à ces fondations, une nouvelle forme d'édifice sacré naissait en Normandie et connaissait un essor fulgurant : s'inspirant de la grande abbatiale de Cluny II, elle en adaptait les formes aux plans ottoniens traditionnels. L'un des premiers artisans de ces édifices fut l'abbé italien Guillaume de Volpiano qui avait déjà apporté des éléments d'architecture lombarde à Cluny et à Dijon dans la cathédrale de Saint-Bénigne (990). Il se transféra par la suite, en 1001, en Normandie en réponse à l'appel de Richard II qui, en 1025, lui confia la construction de l'abbatiale de Bernay, un ouvrage contemplé des années auparavant par son épouse, la comtesse Judith. En se basant sur le modèle de Cluny, l'abbé italien modifia les premiers plans ducaux en insérant, entre les deux absides placées aux extrémités des bras du transept, deux autres espaces avec des absidioles terminales (prothesis et diaconicon) formant un axe avec les nefs latérales et parallèles au chœur (parallelchor).

Le système d'absides multiples se révèle à l'extérieur dans la traditionnelle formation échelonnée. Rappelons que dans l'abbatiale clunisienne (empruntée comme modèle par de nombreux ordres monastiques de l'époque), il existait un double parallelchor pour chacun des bras du transept, au-delà des absidioles terminales ; le modèle fut simplifié dans la nouvelle conformation de Bernay où les chœurs parallèles furent ramenés au nombre de deux.

Ce schéma constituera, dès le premier quart du XIe siècle, le prototype des futures églises normandes et influencera également, après les conquêtes respectives, les nouveaux édifices religieux implantés en Angleterre et en Sicile, même si d'importantes variantes régionales que nous soulignerons plus avant y figureront.

Le modèle de Bernay (à trois nefs) offrit, y compris dans l'élévation, de nouvelles indications structurales telles que : les cheminements pratiqués dans l'épaisseur des murs surplombant les arcades et communiquant avec la nef centrale à travers des géminées, surmontées à leur tour par les fenêtres du clérestoire.
Une conformation qui, sur le plan technique, se rattachait aux modèles basilicaux romano-byzantins primitifs élaborés à nouveau dans l'architecture lombarde (Saint Michel à Pavie) et repris en Normandie probablement par le truchement culturel de Guillaume de Volpiano, hypothèse émise par Ruprich-Robert. L'ensemble sculptural de l'abbatiale de Bernay montre aussi les signes précurseurs d'une école architecturale – ornementale normande.