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Les Saints

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C'est le début de la présentation de la cour céleste, constituée par les anges et les saints : sont notamment représentés ici ceux qui font office de couronne au trône de la Mère de Dieu, Marie, la très pure, l'immaculée.
Les archanges Gabriel et Michel, avec quelques variantes dans les parements précieux dont ils sont recouverts, sont les plus près du trône de la grâce.

A côté des deux archanges se trouvent Paul et Pierre. On est devant une inversion de type "lié au contenu" : du point de vu de la séquence architecturale, on s'attendrait à ce que Pierre soit aligné sur l'abside qui lui est consacrée, sur la droite pour l'observateur. Le fait de se trouver à gauche du visiteur indique qu'il a été placé "à la droite" du Seigneur Jésus et de sa bienheureuse Mère Marie. Dans la tradition, en effet, "être à la droite", s'asseoir "à la droite", sont des expressions qui dénotent l'importance de la personne appelée à occuper cette position à la cour d'un roi, sur le trône impérial.

Pierre et Paul, les deux piliers de l'Eglise, entament deux séries symétriques d'apôtres et d'évangélistes qui, à leur côté, constituent le nouveau "Conseil" définitif du roi ou de l'empereur. En effet, tous, de manière plus ou moins différenciée, portent dans la main gauche soit le volumen enroulé/déroulé, soit le livre fermé.

Du point de vue de la visuelle architecturale, les apôtres évangélistes Matthieu (sur la droite) et Jean (sur la gauche) bénéficient d'une mise en relief spéciale aux yeux de ceux qui observent la magnifique abside centrale. Ils font en effet partie de la face avant d'une "fausse colonne" pratiquée par la création d'une surface plus vaste dans le périmètre de l'abside même. Le même phénomène concerne les saints Nicolas (à droite) et Martin (à gauche), dans le registre que l'on est sur le point de décrire.

Dans le registre inférieur, à côté de la grande fenêtre centrale, deux séries de saints en pied se détachent. Pour ce qui est de l'emplacement iconique privilégié, le choix des iconographes et du mandataire a répondu à des motivations spécifiques. Si l'on étude les symétries et les biographies, on peut aisément identifier les critères qui ont présidé à leur identification et à leur emplacement.

Sur la droite pour l'observateur, se trouvent : le pape Sylvestre le Grand ; Thomas Becket, extraordinairement bien placé si l'on tient compte du caractère récent de son décès ; le diacre Laurent. Sur la gauche : le pape Clément Ier ; le patriarche Pierre d'Alexandrie ; le diacre Etienne.

Si l'on s'arrête brièvement sur les symétries de ces grands saints, on peut remarquer que :

  • - la lecture se fait à l'aide du critère identifié pour l'Apôtre Pierre, à savoir que la priorité est considérée en se tenant à la droite du Christ et de sa Mère, abandonnant la perspective de l'observateur ;
  • - la première paire est formée par deux papes célèbres dans l'antiquité chrétienne. La lettre aux Corinthiens de Clément Ier fut même considérée "canonique" pendant quelques dizaines d'années après la fondation de l'Eglise. Sylvestre Ier régit ensuite les destinées de l'Eglise pendant plus de 20 ans, durant la période correspondant au règne de l'empereur Constantin ;
  • - la deuxième paire est consacrée à deux défenseurs de la foi catholique : en Orient, toujours à l'époque de Constantin, émerge le patriarche d'Alexandrie, Pierre, grand opposant d'Arius et de son hérésie christologique ; en Occident, de manière tout à fait extraordinaire, le choix s'est porté sur le primat de l'Eglise d'Angleterre, Thomas Becket, fidèle défenseur des prérogatives de l'Eglise face aux "empiètements" revendiqués par le roi dans son rôle politico-religieux. Le caractère exceptionnel du choix se comprend si aujourd'hui, lors de la réalisation rapide d'une célèbre structure sacrée, on décidait d'insérer la personne sainte d'un serviteur de Dieu comme Don Pino Puglisi dans l'espace le plus visible ;
  • - la troisième paire est constituée par le diacre Etienne, protomartyre à Jérusalem, et le diacre Laurent, martyre à Rome au IIIe siècle ;
  • - il ressort immédiatement aux yeux de tous comment les trois paires correspondent à la hiérarchie de l'Eglise sur terre : pape, évêque/patriarche, diacre. L'étrangeté apparente du passage de l'évêque au diacre, en sautant la fonction du prêtre, se comprend également en se penchant sur des textes très importants pour l'Eglise primitive, comme les soi-disant "Constitutions apostoliques" ou la "Didascalie (syriaque) des douze apôtres".

N'oublions pas que le mot "cathédrale" tire son origine de ces pratiques anciennes  : à côté de la cathèdre magistérielle et pastorale de l'évêque, se trouvaient, à droite et à gauche, parfois également sur deux ou trois rangées, les chaises à haut dossier en pierre ou en marbre des prêtres.