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L'histoire

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Le premier renseignement vérifiable sur l'existence de l'abbaye et de l'église Santa Maria La Nuova fondées par Guillaume II remonte à 1174. Le monastère fut habité dès 1176 par cent moines en provenance du monastère bénédictin-clunisien de La Cava, guidés par l'abbé Théobald. Toutefois, certains historiens ont émis l'hypothèse que les travaux débutèrent en 1170. Nous abondons dans ce sens en considérant que six ans est un laps de temps raisonnable pour édifier un ouvrage aussi complexe qui fut certainement précédé d'une période de conception adéquate, ne serait-ce que pour trouver les ouvriers techniques et artistiques et organiser le chantier.

Une légende veut que le jeune roi, après une partie de chasse sur le mont surplombant S. Ciriaca, fatigué, s'endormit à l'ombre d'un arbre ; la Bienheureuse Vierge Marie lui apparut en rêve et lui indiqua un trésor caché aux alentours par son père, Guillaume Ier, avec lequel il aurait dû bâtir un temple et le lui dédier. Les documents de l'époque attestent en effet un épisode analogue, mais l'attribuent à son père qui, suite à son rêve, fit réaliser l'église S. Maria à Adrano. Par ailleurs, Guillaume II lui-même, dans un document de sa main, déclare avoir construit l'église de Monreale en puisant dans ses finances. Parmi les motivations possibles qui poussèrent Guillaume II à construire l'ensemble de Monreale, une intervention de sa mère n'est pas à exclure : la reine Marguerite de Navarre, jusqu'alors régente au nom de son fils mineur. A la même époque, la reine fondait elle aussi deux monastères dans la province de Messine qu'elle plaçait sous la juridiction de la nouvelle église de Monreale. En outre, quelques années auparavant, le précepteur du roi, l'archevêque Gautier Ophamil, avait lancé la reconstruction de la grande cathédrale de Palerme, un exemple pour le jeune Guillaume qui commençait à émuler ses ancêtres en achevant le palais de la Zisa commencé par son père. C'était le siècle des châteaux et des grandes cathédrales normandes auxquels la Sicile prit part en réalisant de splendides édifices originaux qui furent le recueil syncrétique de l'art et de l'expérience structurale de l'Orient et de l'Occident.

La fondation royale de Monreale, élevée au rang d'archevêché par Lucius III en février 1183, fut dotée dès le début d'immenses possessions qui constituaient un important noyau en soi dans l'organisation féodale du royaume. Certaines terres furent données dans la région centre ouest de la Sicile (arrière-pays de Monreale) comprenant les régions de Yato, Corleone et Calatasi, avec les fermes et les châteaux attenants, et encore : des églises et des monastères à Palerme, dans la province de Messine et en Calabre, outre l'archimandrie de Lucania, deux églises à Brindisi et la ville de Bitetto dans les Pouilles. Plusieurs centaines de vassaux et de serfs, aussi bien chrétiens que musulmans (nombreux dans les régions situées entre Yato et Corleone) étaient au service de l'archevêché de Monreale.

L'archevêque de Palerme, Gautier Ophamil, et son frère Bartholomé, évêque d'Agrigente, contribuèrent également à ces donations, ce qui infirme l'hypothèse de certains historiens quant à la rivalité émulative présumée entre l'archevêque et le roi. Les privilèges et les exemptions douanières octroyés par le pape et le roi furent également importants.

A la mort de Guillaume II (novembre 1189), l'église et le monastère cessèrent de recevoir des donations et des privilèges et une lente usurpation continue des terres s'amorça, sans parler de l'éruption de fréquents foyers de révolte épars attribuables aux vilains soumis à la juridiction de l'archevêque de Monreale. La fondation royale fut souvent ballotée au gré des événements, parfois tragiques, qui marquèrent la transition de l'insouciante période normande à l'oppression de la domination suève, puis angevine.

L'église sicilienne subissait également les conséquences des luttes entre la papauté et l'empire, commencées sous Frédéric II, les différends quant à l'exercice du pouvoir temporel sur le pouvoir spirituel se répercutant également sur les nominations des archevêques, ce qui entraîna de longues périodes de vacance du siège sicilien.

Toutefois les rois, les reines et les empereurs qui se succédèrent au gouvernement de la Sicile eurent comme préoccupation constante d'ordonner la restitution des terres usurpées ou des rentrées niées à l'archevêché en promulguant des édits visant à protéger la fondation. Citons entre autres Charles d'Anjou et Charles Quint, et avant eux, Constance de Hauteville, Henri VI et Frédéric II qui se rappelaient que le bâtisseur de la cathédrale avait été leur parent ou ancêtre Guillaume II. Sur ces entrefaites, les bâtiments tombaient en ruine par manque d'entretien ou en raison de l'incurie des quelques religieux restants.

Parce que l'archevêché de Monreale dépendait directement du Vatican, les différents papes qui se succédèrent émirent des bulles et des décrets en faveur de l'église S. Maria La Nuova, allant jusqu'à brandir la menace d'excommunication pour les usurpateurs de ses biens. Une fois élus, certains archevêques ne se rendirent jamais dans leur diocèse. En 1566, le cardinal Farnèse est nommé archevêque de Monreale et c'est avec lui que débuta la renaissance de l'église et de l'ensemble monastique, les couvrements et les mosaïques figurant au nombre des ouvrages restaurés. A la fin du XVIe siècle, les dallages en marbre des nefs seront achevés. Au début du XIXe siècle, la foudre provoqua l'écroulement de la partie supérieure du clocher sud et endommagea des colonnes dans la nef sous-jacente; par la suite, un incendie éclata dans le presbyterium, détruisant les couvrements et endommageant les mosaïques ainsi que d'autres ouvrages en marbre. Les travaux de reconstruction et de restauration furent encouragés par le roi Ferdinand III et commencèrent en 1817 pour s'achever vers 1860. En 1915, les dallages du chœur furent eux aussi restaurés. En 1956, de grands travaux de restauration concernèrent les absides, les bases des colonnes et les fenêtres. L'installation électrique fut réalisée et on installa un nouvel orgue de style néogothique.